Savoir faire quelque chose, mais ne pas le faire: un paradoxe fréquent

Ce qu’on entend souvent dans les discussions, et ce que l'on voit défiler sur les réseaux sociaux, c’est cette affirmation: les gens savent faire beaucoup de choses.

Vraiment beaucoup.

Par exemple, les gens expliquent avec assurance: qu'ils savent conduire prudemment, en respectant les autres et le code de la route ; qu'ils savent exactement quoi manger pour être en parfaite santé et déborder d'énergie ; qu'ils savent comment désamorcer un conflit naissant au travail avec tact et diplomatie.

La liste est longue. Impressionnante, même.

Et pourtant... Les accidents de la route continuent de faire les gros titres. Les problèmes de santé liés à l'alimentation ne cessent d'augmenter. Et les tensions professionnelles pourrissent encore bien des ambiances de bureau.

Étrange, non?

“Je le sais” — une réponse automatique, un réflexe pavlovien ?

Pourquoi tant de gens répondent-ils quasi instantanément "Je le sais" quand on leur montre une nouvelle façon de faire, une technique, une astuce... Alors même qu’ils ne l'appliquent manifestement pas dans leur quotidien?

En tant que coach PNL, je pourrais vous dérouler un argumentaire bien huilé. Évoquer la peur du changement, si humaine. Parler de la surcharge mentale qui nous paralyse. Ou encore pointer du doigt les fameuses croyances limitantes qui nous auto-sabotent.

Tout cela est vrai, bien sûr. Et pertinent.

Mais aujourd'hui, je préfère vous partager ce que mes clients me disent le plus souvent, une fois la confiance installée, une fois les masques tombés. Cette petite phrase, si simple et si révélatrice : "Je sais comment faire, Cédric, mais... je n’y arrive pas !"

Pas un aveu d’échec. Une prise de conscience

Cette phrase, en apparence si banale, marque souvent un véritable point de bascule. Elle nomme un décalage. Un hiatus. Pas entre l'ignorance et la compétence, non. Mais bien entre le savoir théorique… et le passage effectif à l’action.

Ce n’est pas nécessairement un manque de volonté criant. Ce n’est pas un défaut de caractère rédhibitoire. Ce n’est pas un échec personnel cuisant. C’est simplement une frontière. Une ligne invisible. Et pour la franchir, il faut bien plus que s’accrocher désespérément au "je le sais".

Ce qu’il faudrait, comme si souvent dans nos vies... C’est peut-être avoir une petite conversation sérieuse avec son ego. (Oui, encore lui, l'incontournable !) Et tenter de lui faire comprendre, avec douceur mais fermeté... Qu’il aurait absolument tout à gagner, tant en clarté d'esprit qu'en respectabilité personnelle... À céder un peu plus la place à l’action concrète. Plutôt qu’à la tergiversation stérile ou à l'auto-justification confortable.

Parce qu’à un moment donné, il faudra bien accepter l’invitation à "faire". Il ne suffira plus de prétendre savoir comment faire. Il ne suffira plus non plus de savoir qu’on sait. Et encore moins, surtout pas, de plastronner en faisant croire à tout le monde qu’on le savait déjà depuis toujours.

L'action attend.

Question pour la route (et pour la suite)

On dit souvent que tout ce qui n'est pas nommé n'existe pas vraiment, ou du moins, n'a pas la même emprise sur nous. Alors, considérant cela, une petite question pour vous: Que se passerait-il si l’on prenait le temps de nommer clairement... Notre incapacité passagère à faire cette chose que l’on prétend pourtant si bien savoir faire?

Juste pour voir.

Un exercice simple. Et souvent très révélateur.

Pensez un instant à quelque chose que vous avez vraiment envie de faire. Quelque chose que, objectivement, vous savez comment faire. Les étapes sont claires dans votre tête. Mais que, malgré tout cela, pour une raison X ou Y, vous ne faites pas. Pas encore. Ou plus.

Pas besoin d’un grand discours intérieur. Juste une phrase simple. Écrivez-la. Sur un coin de feuille qui traîne. Dans un carnet dédié. Sur une note de votre téléphone. Peu importe le support. L'important, c'est de la matérialiser.

Maintenant, relisez attentivement ce que vous venez d’écrire. Ce n’est pas un objectif flou et lointain. Ce n’est pas une de ces citations motivantes qu'on oublie cinq minutes après. C’est un blocage identifié. Nommé. Concret. Et ça, croyez-moi, c’est déjà beaucoup. C'est un premier pas essentiel.

Car tant que ce genre de chose reste uniquement dans la tête... Ça tourne en boucle, ça flotte, ça s’efface, ça revient. Un vrai brouillard mental. Mais dès que c’est écrit, c’est posé. C'est là. Visible. Nommé. Confrontant, parfois.

Et ce qu’on nomme, ce qu'on rend tangible... On peut enfin commencer à le bouger. À le travailler. À le transformer.

Gardez ce papier, cette note. Regardez-le comme un véritable point de départ. Pas pour tout changer d'un coup, ce serait irréaliste et décourageant. Juste pour faire un pas. Un petit pas. Mais un vrai. Avec peut-être du flou au début, du cafouillage, un faux départ ou deux. Et alors? Qui n'en fait pas?

L’idée, ce n’est pas de produire un chef-d’œuvre du premier coup. Ce n'est pas de viser la perfection immédiate. C’est de ressentir à nouveau le mouvement. De reprendre contact avec l’action, avec le "faire". De vous réengager.

De faire votre travail, de lancer votre projet, de reprendre ce loisir, de bâtir votre construction. Comme ça vient. Sans pression excessive. Mais pour de vrai. Et maintenant, comme on dit... c'est à vous de jouer!


Vivez bien ! Cédric Bonnot, Coach de vie PNL