Je vais vous faire une confidence, une sorte de "coming out" professionnel.
Alors voilà: Je suis pour le réchauffement climatique... en développement personnel!
Ça y est c'est dit!
Oui, vous avez bien lu.
J'en peux plus de cette métaphore de l'iceberg. Vous savez, celui dont la minuscule partie émergée représenterait notre conscient...
Et dont l'énorme partie immergée, invisible, contiendrait toutes nos contradictions, nos solutions miracles, nos blessures d'enfance, nos potentiels cachés...
Et probablement aussi tous ces trucs insaisissables qu'on ne retrouve jamais, comme les clés de la bagnole ou la deuxième chaussette.
On a compris le principe, merci!
Alors, chers managers, coachs en tout genre et consultants en Powerpoint, s'il vous plaît, par pitié: Laissez les icebergs aux climatologues. Aux ours polaires. Et aux passagers du Titani... (non ça c'est mal, je retire!)
Arrêtons d'essayer de convaincre quelqu'un avec des métaphores surannées, usées jusqu'à la moelle.
Lui expliquer qu'il EST un iceberg. Que son problème, c'est cette fichue partie immergée. Et que la solution, comme par magie, y est aussi cachée, attendant sagement d'être découverte (souvent avec un schéma animé ridicule à l'appui).
Franchement? Ça ne prend plus.
Laissez-moi vous raconter une histoire.
Celle de Sophie (nom d'emprunt, bien sûr), une de mes clientes.
Elle est arrivée en coaching il y a quelque temps, non pas avec une valise, mais avec son iceberg personnel sous le bras. Ses recherches studieuses sur le Web et les évaluations annuelles de sa boss, l'avaient amenée à ce gros glaçon conceptuel.
Elle avait déjà "acheté" l'idée.
L'idée que sous la surface de l'eau, dans les profondeurs obscures de son être, se terrait toute sa vérité profonde, un potentiel inexploité dont elle ne disposait pas consciemment.
Elle en était convaincue.
Pourquoi?
Parce qu'en réunion à son travail, une fois par semaine, immanquablement, un iceberg apparaissait dans une présentation PowerPoint.
Parce que même les photos qui décoraient les bureaux de son entreprise (une grande corporation, vous imaginez le décor) arboraient fièrement des icebergs majestueux.
Donc, Sophie était vendue. Totalement convaincue par la démonstration ambiante. Elle était un iceberg.
Point.
Son "problème", celui pour lequel elle venait me voir, était pourtant bien réel.
Lorsque sa boss lui faisait des reproches professionnels, année après année, c'était toujours le même. Le seul et unique reproche: "Sophie, ta communication, ça ne va pas."
Voilà. C'est tout. Brut. Lapidaire.
Alors Sophie, année après année, avait travaillé d'arrache-pied. Elle avait lu des livres, suivi des formations, amélioré, poli, peaufiné sa communication.
Et elle venait en coaching pour l'améliorer ENCORE PLUS. Persuadée que la solution à ce problème de "communication" se cachait quelque part, bien au fond... (Gestuellement, en me parlant, elle me montrait le bas de son iceberg imaginaire).
Le souci, c'est que la "communication", le mot lui-même... c'est ce qu'on appelle en PNL une généralisation. Un peu comme quand on parle d'"organisation", de "préparation", ou de "conception".
On sent bien qu'il se passe quelque chose, qu'il y a un sujet. Mais c'est un peu en l'air, comme ça. Vague. Imprécis. "Ta communication, en général, ça ne va pas." Merci pour les détails !
Sans dire précisément QUOI ne va pas. QUAND est-ce que ça ne va pas. Dans QUEL CONTEXTE spécifique. Pour QUEL PROJET ou avec QUI. Bref, sans faits concrets, observables, spécifiques.
Donc, ma cliente Sophie se faisait reprocher un "truc" indéfini.
Mais un "truc" qui, comme par hasard, tous les ans à la même période (celle des évaluations annuelles, vous me suivez?)... devenait soudainement LE problème majeur pour sa boss.
Bizarre, bizarre... comme dirait l'autre.
Alors, la question se pose: Est-ce que le problème, c'était vraiment la communication de Sophie?
Ou était-ce sa boss qui, au moment crucial de faire les évaluations annuelles et d'accorder (ou pas) une augmentation... ne trouvait finalement à lui reprocher qu'un problème aussi vague qu'indéfini pour justifier sa décision?
Et bien, après quelques séances, il est apparu que le problème n'était pas uniquement sa boss. Et ce n'était pas uniquement Sophie non plus. C'était la dynamique entre les deux. Leur "système".
La boss, en réalité, ne comprenait pas grand-chose aux tâches quotidiennes très techniques de Sophie. Alors, elle lui reprochait sa "communication".
Parce que, comme par hasard, dans toutes les grilles d'évaluation annuelle de cette entreprise, il y a la sacro-sainte case "défi à relever", "point d'amélioration"... Un grand classique du management.
Et Sophie, chaque année, au lieu d'affirmer ses réalisations concrètes, ses succès, sa valeur ajoutée... allait presque quémander des conseils, avec son iceberg mental en bandoulière: "Dis-moi, boss, comment pourrais-je ENCORE m'améliorer en communication?" Un dialogue de sourds, joué d'avance.
Vous voulez connaître la solution à l'histoire de Sophie?
Comment elle a fait fondre son iceberg, ou du moins, comment elle a appris à naviguer avec?
Eh bien, je ne peux pas vous la donner!
Parce que la solution de Sophie est celle qu'elle a trouvé elle même, et pour elle même.
Et il y a peu de chance qu'elle fonctionne aussi pour vous, telle quelle.
Maintenant, si vous vouliez connaître la solution à VOTRE histoire. Celle qui vous empêche d'avancer, celle où vous vous sentez peut-être un peu comme Sophie avec son iceberg?
Alors, vous pourriez envisager un coaching.
Si vous arrivez avec votre "iceberg", sachez que beaucoup de coachs seraient sans doute ravis: l'image leur est familière. Elle semble offrir un point de départ tout tracé, car vous auriez déjà "acheté" une certaine vision du problème.
Mon approche est de vous accompagner pour trouver vos propres solutions. Celles qui sont peut être déjà en vous, mais peut-être pas cachées aussi profondément ou aussi mystérieusement que la métaphore de l'iceberg voudrait vous le faire croire.
Mais attention
Ce type d'accompagnement demande une certaine intensité. Et un peu de finesse, rassurez-vous.
Par exemple, pour sophie tout son problème aurait été bien difficile à dénouer pour un coach qui ne connaîtrait pas un minimum le monde corporatif de l'intérieur. Un coach qui n'aurait jamais appris ni étudié les dynamiques d'entreprise, les jeux de pouvoir, les non-dits des évaluations annuelles.
Ou pour un climatologue amateur, d'ailleurs.
Sauf peut-être en utilisant des carottes glaciaires pour analyser le passé de l'entreprise... Bref! Vous avez compris l'idée.
Faire fondre les icebergs métaphoriques, c'est une chose.
Comprendre le système dans lequel ils flottent, et surtout, comment vous naviguez dedans, c'est encore mieux. Et c'est souvent là que se trouvent les vrais leviers de changement. Pas besoin de plonger dans des profondeurs abyssales et glacées pour ça. Il suffit parfois de regarder ce qui se passe juste à la surface. Avec les bons outils. Et un bon guide.
L'image de l'iceberg a fait son temps en développement personnel. Elle a eu son utilité, peut-être. Mais aujourd'hui, elle est devenue un cliché. Une simplification qui finit souvent par compliquer les choses plus qu'elle ne les éclaire.
Plutôt que de vous voir comme un bloc de glace avec 90% de mystères immergés... Et si vous commenciez par explorer la partie visible?
Vos comportements observables. Vos interactions concrètes. Vos stratégies conscientes. Il y a déjà tellement à découvrir, à comprendre et à améliorer là, juste sous vos yeux.
Le "réchauffement climatique" en développement personnel que j'appelle de mes vœux... C'est simplement cela: faire fondre ces concepts éculés qui nous enferment. Pour revenir à plus de pragmatisme. Plus de spécificité. Et finalement, plus d'efficacité pour régler les "petits problèmes" qui, mis bout à bout, nous gâchent la vie.
Un à la fois.
Alors, la prochaine fois que quelqu'un vous parle de votre iceberg intérieur... Souriez. Et proposez-lui plutôt d'aller boire un chocolat chaud. C'est bien meilleur pour le moral.
Et beaucoup moins froid.
Vivez bien ! Cédric Bonnot, Coach de vie PNL
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