Pourquoi c'est bien d'être comme une éponge? Adaptation et résilience

Le "L" de PNL, ça veut dire Linguistique. Et c'est important, la linguistique. Les mots, les expressions. Cette matérialisation articulée, prononcée, codée, qui nous permet de nommer ce qui se passe juste devant notre nez. Mais aussi dans notre tête, dans notre cœur, et parfois même dans notre ventre.

C'est ce que m'a rappelé une cliente, il n'y a pas si longtemps, en utilisant un mot simple : éponge. À chaque séance, elle me ressassait cette image. "Je me sens comme une éponge, Cédric. J'absorbe tout."

Tout. Les émotions des autres, les tensions ambiantes, les non-dits. Elle voyait ça comme un fardeau, une faiblesse. Et je me suis demandé: comment ce petit animal aquatique, si simple, pouvait-il à lui seul symboliser tant de "défauts" humains?

Comment ces êtres de la famille des Porifères, parmi les plus primitifs du règne animal, sans tissus organisés ni organes complexes, pouvaient-ils être si problématiques dans la vie des gens?

On entend souvent quelqu'un dire: "Oh, moi, je suis une vraie éponge." Ou: "Lui, c'est une éponge, fais attention à ce que tu lui dis". Comme si c'était une fatalité, une tare.

Et si on regardait les choses autrement?

L’éponge, un être fascinant et résilient

Certaines éponges marines peuvent atteindre un âge exceptionnellement avancé. On parle de milliers d'années, jusqu’à 15 000 ans pour certaines. Cela les place parmi les êtres vivants les plus anciens de notre monde, ayant traversé les âges sans disparaître.

Une longévité qui force le respect, non?

Et si on la maltraite, cette éponge?

Elle résiste.

Si on l’écrase, la broie, la réduit en miettes... elle se régénère.

On peut la sortir de son élément naturel, la laisser pour morte sur un quai, la déshydrater et l’assécher pendant des années.

Pourtant, il lui suffit souvent de retrouver les vagues, l'eau salée, pour revivre. Instantanément.

Un modèle d’adaptation à travers l’histoire

Depuis l’Antiquité, l’éponge a accompagné l’humanité dans des usages incroyablement variés. On l’a utilisée pour construire, pour soigner, pour protéger. Pour embellir, pour effacer, pour corriger. Sa souplesse et sa remarquable capacité d’absorption en ont fait un outil essentiel dans de nombreuses cultures à travers le globe.

Les jeunes filles russes, par exemple, la réduisaient en poudre pour se colorer délicatement les joues et séduire.

Les Premières Nations d’Amérique du Sud les mêlaient habilement à l’argile pour solidifier leurs constructions et leurs objets du quotidien.

Elles servaient de masque protecteur improvisé lors des épidémies.

Elles étaient parfois imbibée de miel, comme une friandise simple pour les enfants.

Et elles amortissaient les chocs sous les casques des guerriers avant le tumulte du combat.

Jusqu’à aujourd’hui, l’éponge continue d’être un atout précieux pour la médecine et la science.

Certaines espèces marines produisent des molécules uniques, utilisées dans la fabrication de médicaments et de vaccins. Contribuant ainsi, discrètement mais sûrement, à sauver des vies.

L’éponge filtre plus qu’elle n’absorbe vraiment

On la sous-estime souvent, cette éponge. On croit, à tort, qu’elle se contente d’absorber passivement tout ce qui passe. Mais son rôle principal, c'est de filtrer. Activement. Une seule éponge est capable de purifier entre 10 000 et 20 000 fois son propre volume d’eau. En une seule journée. Vous imaginez?

Sans elle, les mers, les rivières et les océans ne seraient tout simplement pas les mêmes. Elle sélectionne ce qu’elle retient. Ne conservant que ce qui lui est utile, ce qui la nourrit. Et rejetant les impuretés, les toxines, le superflu.

C’est exactement ce que nous devrions peut-être apprendre à faire dans nos vies: absorber, oui, mais avec discernement et sagesse.

Si nous avons l'impression de fonctionner "comme une éponge"... Alors nous devons nous poser la question cruciale : qu’absorbons-nous réellement? Sommes-nous en train d’intégrer ce qui nous nourrit, nous élève, nous fait grandir? Ou ce qui nous alourdit, nous pollue, nous tire vers le bas?

Pourquoi être une éponge est une force insoupçonnée ?

L’éponge est souvent perçue, dans le langage courant, comme un symbole de fragilité. Parce qu'elle "absorbe tout" ce qui l’entoure, sans distinction.

Pourtant, c’est une profonde erreur de perception. Sa vraie force, sa puissance cachée, réside précisément dans sa capacité à s’adapter et à se régénérer en permanence.

Elle s’ajuste constamment aux conditions extérieures, parfois hostiles. Elle résiste aux agressions, aux chocs. Elle se reconstruit, inlassablement. Et elle continue de filtrer, encore et toujours, sans jamais se laisser submerger complètement.

Elle ne se rigidifie jamais. Elle reste souple, poreuse, vivante. C’est précisément ce qui la rend aussi puissante et durable.

Si vous ressentez parfois que vous êtes trop influencé(e) par votre environnement, par les émotions des autres... Rappelez-vous de l'éponge. L’important n’est pas tant ce que vous absorbez passivement. Mais bien ce que vous choisissez activement de garder. Et ce que vous décidez de laisser passer.

Conclusion : absorbez, filtrez et régénérez-vous

Être une "éponge", finalement, ce n’est pas être condamné à la vulnérabilité. C’est être doté d'une formidable capacité à recevoir, à trier, et à transformer ce qui nous entoure.

C'est un super-pouvoir, si on sait s'en servir.

Nos pensées, nos expériences, nos émotions... elles circulent en nous, comme l'eau à travers l'éponge. Et nous avons le pouvoir, nous aussi, de les filtrer. De choisir consciemment ce qui nous nourrit, ce qui nous fait du bien. Et d’éliminer, de rejeter, ce qui nous freine, nous empoisonne ou nous est inutile.

Alors, après cette petite plongée dans le monde des Porifères... Pensez-vous toujours qu’être une "véritable éponge" soit réellement un problème? Ou est-ce plutôt une invitation à développer notre propre système de filtration?


Vivez bien ! Cédric Bonnot, Coach de vie PNL